Détection incendie · 10 min de lecture
En bref
- Une zone est un circuit sur lequel plusieurs détecteurs et déclencheurs sont branchés : la centrale la montre comme un seul lieu, sans dire quel détecteur a réagi.
- L'élément de fin de ligne, posé sur le dernier appareil, laisse passer un courant de repos : s'il disparaît, la centrale signale un défaut de câble.
- La centrale classe le courant de la ligne en quatre états : normal, feu, circuit ouvert, court-circuit. Les seuils et la valeur de l'élément changent d'une centrale à l'autre.
- Retirer la tête d'un détecteur crée un défaut de zone, d'après le manuel de la MAG2/4 de Teletek.
- Sur un système adressable, une boucle de classe A revient à la centrale ; une ligne de classe B s'arrête au dernier appareil.
La zone : un groupe d'appareils que la centrale montre comme un seul lieu
Sur une installation conventionnelle, la centrale ne connaît pas chaque détecteur : elle connaît des zones. Une zone est un circuit, une paire de fils, sur lequel sont branchés plusieurs détecteurs et déclencheurs manuels. La centrale les surveille ensemble et les montre comme un seul lieu. Quand l'un d'eux réagit, le voyant de la zone s'allume, sans dire lequel.
On découpe donc les zones comme le bâtiment : un étage, une aile, un groupe de locaux que l'on peut parcourir à pied. Plus la zone correspond à un lieu précis, plus vite on sait où chercher. Ne la confondez pas avec les zones d'une alarme anti-intrusion, qui servent à choisir ce que l'on met en marche : ici, la zone sert à situer le feu et à surveiller le câble.
Les limites dépendent de la centrale. Teletek annonce pour la MAG2P deux zones fixes, jusqu'à 20 détecteurs par zone (32 avec ses détecteurs SensoMAG) et un nombre illimité de déclencheurs manuels. Cet article ne donne pas de surface maximale par zone : elle dépend de la réglementation applicable au bâtiment et de l'étude du projet, pas de la centrale.
Chaque zone a deux voyants. D'après le manuel de la MAG2/4, le voyant rouge signale un feu dans la zone, et le voyant jaune un défaut de zone : circuit ouvert, court-circuit ou tête de détecteur retirée. Ces centrales sont certifiées EN 54-2 et EN 54-4, les parties de la norme consacrées à la centrale et à son alimentation.

Le circuit d'une zone : détecteurs en chaîne, élément de fin de ligne au bout
Les détecteurs et déclencheurs d'une zone sont reliés à la même paire de fils, d'un appareil au suivant : chaque base de détecteur ou chaque déclencheur a des bornes d'entrée (IN) et de sortie (OUT) de la ligne de détection. Au bout du dernier appareil, on place l'élément de fin de ligne, en anglais EOL (end of line), que l'on appelle souvent résistance de fin de ligne.
Son rôle est de laisser passer un petit courant de repos dans toute la ligne. Tant que ce courant circule, la centrale sait que le câble est continu. Si un fil est coupé, le courant disparaît et la centrale le voit : c'est ainsi qu'elle surveille le câble, et pas seulement les détecteurs.
La valeur n'est pas universelle. Sur le schéma de la base SD500, Elkron place une résistance de 3 300 Ω (marquée 3K3) sur le dernier détecteur d'une ligne conventionnelle, et précise qu'elle se monte seulement sur une ligne conventionnelle. Pour ses MAG2 et MAG4, Teletek livre des modules de fin de ligne : on les fixe d'abord aux bornes de zone de la centrale, puis on les déplace sur le dernier détecteur, en respectant la polarité (fil rouge au +, fil noir au −). Le manuel ne donne pas de valeur pour ce module.
Utilisez l'élément fourni avec votre centrale et suivez son manuel : la valeur change d'une centrale à l'autre. Ne remplacez pas un élément par un autre sans avoir lu le manuel de la centrale.
Le câble a lui aussi des limites. Les fiches Elkron de la base SD500 et du déclencheur P440 demandent un câble blindé dont l'écran est relié à la terre de la centrale seulement, conseillent 1,5 mm² et excluent une ligne dont la résistance dépasse 100 Ω ou dont la capacité dépasse 2 µF.
Les quatre états d'une ligne : normal, feu, coupure, court-circuit
La centrale mesure en permanence le courant de la ligne et le range dans l'un de ces quatre états. La figure ci-dessous donne les seuils du manuel de la MAG2/4 de Teletek ; ils changent d'une centrale à l'autre.
Un détecteur au repos consomme très peu : la fiche du SensoMAG S30 indique moins de 50 µA. En alarme il tire davantage, 20 mA avec la base B24 pour le S30 (de 12 à 30 V), ce qui fait passer le courant de la ligne dans la plage « feu ». La fiche précise qu'il convient aux centrales dont le seuil d'alarme est entre 10 et 15 mA. Chez Elkron, la fiche du FDTD400 indique 23 mA en alarme sous 20 V, et celle du P440 26 mA ou 53 mA selon le cavalier JP1, qui ne se ferme qu'avec les centrales capables de distinguer les déclencheurs des détecteurs sur une même ligne.
Une coupure est signalée comme un défaut, mais en principe les appareils situés après la coupure ne sont plus reliés à la centrale : un défaut de zone se répare sans attendre. Un court-circuit est signalé de la même façon.

Contrôlez la ligne avant de la brancher. Elkron demande de vérifier la polarité et la continuité du câble avant de poser les détecteurs sur les bases. Teletek suppose que tout le câblage, isolement à la terre compris, a été testé avant le raccordement à la centrale. Pour tout autre contrôle au multimètre, suivez la méthode du manuel de la centrale.
Retirer un détecteur : le défaut de zone
Un détecteur conventionnel se compose d'une tête et d'une base. La base est fixée au plafond et porte les bornes de la ligne ; la tête s'enfiche dedans. Le manuel de la MAG2/4 cite la tête retirée parmi les causes du défaut de zone, et demande de vérifier, avant la mise en service, que toutes les têtes sont enfichées dans leurs bases.
La tête et sa base : la fiche de la B24 permet de verrouiller la tête sur la base.
Retirer une tête, pour la nettoyer ou la remplacer, provoque donc un défaut sur la zone : prévenez la personne qui surveille la centrale. Les défauts effacés se réinitialisent seuls sur la MAG2/4, mais le manuel précise que l'annonce d'un défaut n'est pas instantanée.
La boucle adressable : classe A et classe B
Sur un système adressable, les appareils ne sont plus sur une ligne par zone mais sur une boucle, et chacun a son adresse. Les zones existent encore, mais elles regroupent des appareils identifiés un par un. Elkron désigne par classe A une boucle qui part de la centrale, traverse les appareils et revient à la centrale, et par classe B une ligne ouverte, qui s'arrête au dernier appareil. Teletek n'emploie pas ces termes.
La fiche de la base SD500 montre les trois branchements côte à côte : une boucle numérique (bornes LA et LB), une ligne numérique ouverte sans élément de fin de ligne, et une ligne conventionnelle avec l'élément 3K3. L'élément de fin de ligne ne concerne donc que le conventionnel.
En classe A, une coupure laisse en principe tous les appareils joignables par l'autre bout de la boucle ; en classe B, les appareils situés après la coupure sont perdus. Le court-circuit est un autre cas : les isolateurs de court-circuit, dont la norme EN 54-17 fixe les exigences, ne coupent que la section concernée.
Les circuits de sirènes : le même principe
Les sorties de sirènes sont surveillées de la même façon. La MAG2/4 a deux circuits de sirènes en 24 V, 0,3 A. Une résistance de 10 kΩ est montée à la borne de chaque circuit, puis déplacée sur la dernière sirène. Un voyant signale le défaut d'un circuit : circuit ouvert, court-circuit ou sirène branchée à l'envers. L'article « Sirènes, flashs et déclencheurs manuels » détaille les sirènes, avec les flashs et les déclencheurs manuels.
En pratique : étiqueter, ranger, tester
- Notez chaque zone. Le manuel de la MAG2/4 contient une fiche de suivi avec, pour chaque zone, le lieu, le type et le nombre de détecteurs et les sirènes associées. Gardez une copie du plan des zones près de la centrale.
- Gardez l'élément de fin de ligne sur le dernier appareil de la zone : Teletek demande de le retirer des bornes de la centrale et de le fixer au dernier détecteur.
- Faites l'essai zone par zone. Le manuel décrit un mode d'essai à une personne, qui permet de vérifier que chaque détecteur réagit.
- Installez la centrale à un endroit visible des pompiers à leur entrée et d'accès facile, comme le demande le manuel Teletek.

Centrales, détecteurs et bases du catalogue cités dans l'article
Prix et disponibilité à jour dans la page de chaque produit.
Les erreurs fréquentes
- Laisser l'élément de fin de ligne aux bornes de la centrale au lieu de le poser sur le dernier appareil : la ligne n'est alors pas surveillée sur toute sa longueur.
- Remplacer l'élément fourni par une résistance quelconque sans lire le manuel : la valeur change d'une centrale à l'autre.
- Inverser la polarité : les modules de fin de ligne de Teletek en ont une, et la zone passe en défaut.
- Dépasser le nombre de détecteurs d'une zone : chez Teletek, 20 détecteurs, ou 32 SensoMAG.
- Oublier une tête de détecteur au moment de la mise en service, puis chercher un défaut de câble qui n'existe pas.
- Créer des zones trop vastes ou sans nom : l'écran dit « zone 3 » et personne ne sait où aller.
- Prendre la classe A ou B pour un niveau de qualité des détecteurs : ces termes décrivent le câblage.
Pour aller plus loin
- Détection incendie : détecteurs, déclencheurs et centrale conventionnelle ou adressable
- Détection incendie conventionnelle ou adressable : quelle différence ?
- Détecteurs incendie : fumée, chaleur ou multicritère
- Normes EN 54 : ce que signifient les numéros
- Sirènes, flashs et déclencheurs manuels
- Câbles d'alarme et d'incendie : sections, blindage, tenue au feu
- Zones, modes et temporisations d'une alarme
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Questions fréquentes
Peut-on mettre un déclencheur manuel sur la même zone que des détecteurs ?
Oui sur les centrales conventionnelles décrites ici : Teletek annonce un nombre illimité de déclencheurs manuels par zone. Chez Elkron, le cavalier JP1 du P440 ne se ferme qu'avec les centrales qui distinguent les déclencheurs des détecteurs.
Pourquoi la centrale affiche-t-elle un défaut de zone sans feu ?
Le manuel de la MAG2/4 cite un circuit ouvert, un court-circuit ou une tête retirée. Il demande de vérifier la polarité, le raccordement des appareils et la position de l'élément de fin de ligne.
Quelle est la valeur de la résistance de fin de ligne ?
Elle dépend de la centrale. Elkron montre 3 300 Ω sur la fiche de sa base SD500 ; Teletek livre des modules de fin de ligne sans donner de valeur dans le manuel de la MAG2/4. Prenez celle de votre manuel.
Une coupure de câble arrête-t-elle toute l'installation ?
La centrale signale un défaut. Sur une ligne conventionnelle ou en classe B, les appareils situés après la coupure ne sont en principe plus reliés ; en classe A, ils le restent par l'autre bout de la boucle.
Combien de détecteurs par zone ?
Cela dépend de la centrale : pour la MAG2P de Teletek, jusqu'à 20 détecteurs, ou 32 SensoMAG. Lisez la fiche de votre centrale.
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Sources
- Teletek : manuel d'utilisation MAG2/MAG4 (réf. 18020244, rév. C, 07/2024), fiches MAG2P, SensoMAG S30 et SensoMAG B24
- Elkron : fiches de la base SD500/SD500R, du détecteur FDTD400 et du déclencheur P440
- Normes EN 54-2, EN 54-4 et EN 54-17 (parties de la série EN 54, citées par les fiches des fabricants)
Mis à jour le 4 novembre 2026. Rédaction : MA SECURITE.