Énergie et onduleurs · 13 min de lecture
En bref
- Un kit solaire est une chaîne : panneau, régulateur de charge, batterie, caméra et réseau 4G ; le maillon le plus faible fixe l'autonomie.
- Sur la fiche de la DS-2DE2C400IWG-K/4G/C05S10, la caméra consomme 80 mW en veille et 1,85 W quand elle travaille en 4G, soit 23 fois plus.
- En décembre à Casablanca, d'après PVGIS, un panneau de 10 W plein sud à 30° produit environ 41 Wh par jour ; face au nord, environ 7 Wh.
- La batterie de 50,76 Wh de ce kit tient 27 h à 1,85 W sans soleil (fiche) ; elle ne se recharge qu'entre 0 et 45 °C.
- Avant d'acheter : mesurer le signal 4G, trouver un emplacement plein sud sans ombre, estimer les heures d'activité par jour et prévoir le nettoyage du panneau.
Un kit solaire, c'est une chaîne de maillons
Une caméra solaire autonome n'a ni câble d'alimentation ni câble réseau. Un panneau transforme la lumière en électricité ; un régulateur de charge protège la batterie ; la batterie alimente la caméra la nuit et par temps couvert ; la caméra envoie ses images par le réseau mobile. Si un seul maillon est trop petit, la caméra s'éteint, même avec les autres bien choisis.
Les fiches Hikvision des modèles du catalogue décrivent ce kit. La DS-2CFSP8-D/4G et la DS-2CFSP4/4G associent un panneau de 8 W et une batterie lithium de 9 000 mAh, avec un mode AOV annoncé pour un enregistrement 24 h/24. La DS-2DE2C400IWG-K/4G/C05S10 est livrée avec un panneau de 10 W et une batterie de 50,76 Wh ; elle réveille son enregistrement par un détecteur PIR et un radar. Les trois utilisent une carte Nano SIM (voir l'article sur la caméra 4G à carte SIM).
Quatre kits du catalogue : dans chacun, le panneau est une pièce à part, orientée indépendamment de la caméra.
Le régulateur et la batterie ne se voient presque jamais dans un kit moderne : ils sont dans le boîtier. Dans une installation ouverte, le régulateur se place entre le panneau et la batterie : l'article sur l'onduleur solaire en montre une photo. Les fiches ne détaillent pas le régulateur de ces caméras ; elles donnent seulement la tension maximale de charge (8,4 V pour la DS-2CFSP4/4G, 12,6 V pour la DS-2DE2C400IWG-K/4G/C05S10).
La consommation : tout se joue en watts-heures
Un appareil de 2 W qui travaille 3 heures consomme 6 Wh (watts-heures) : la puissance multipliée par la durée. C'est l'unité commune au panneau (ce qu'il apporte en un jour) et à la batterie (ce qu'elle peut stocker). Pour une caméra solaire, la puissance change beaucoup selon ce que fait la caméra, comme le montre la fiche de la DS-2DE2C400IWG-K/4G/C05S10.
Le rapport est de 23 : une caméra qui reste active consomme vingt-trois fois plus qu'une caméra qui dort. Toute la conception d'une caméra solaire consiste donc à dormir le plus possible et à ne se réveiller que pour un événement. La DS-2DE2C400IWG-K/4G/C05S10 utilise pour cela un double capteur, PIR et radar, avec une portée de détection de 12 m (fiche). Les caméras DS-2CFSP annoncent le mode AOV pour un enregistrement continu, sans indiquer la puissance dans ce mode : leur consommation réelle doit donc être mesurée sur place.
D'autres documents de Hikvision décrivent deux réglages, pour d'anciennes caméras solaires : un mode « faible consommation en temps réel », avec plages d'enregistrement et notification des événements, et un mode « réveil », où la caméra ne se réveille que lorsqu'on y accède à distance. La nuit, l'infrarouge s'ajoute à la consommation de la caméra qui travaille : voir l'article sur la vision nocturne.

Voici ce que cela donne sur une journée. Le graphique utilise les trois puissances de la fiche de la DS-2DE2C400IWG-K/4G/C05S10 (80 mW, 1,85 W) ; la durée d'activité est un exemple, à remplacer par la vôtre. Les deux barres vertes sont l'apport du panneau de 10 W, d'après PVGIS, décrit dans la section suivante.
Une caméra qui reste dans l'état « 4G en fonctionnement » toute la journée use 44,4 Wh, plus que ce que le panneau apporte en décembre à Casablanca (environ 41 Wh) : la batterie se vide lentement, puis plus vite dès qu'un jour est couvert. Si la caméra ne travaille que quatre heures par jour, elle use 9 Wh, soit moins du quart de l'apport de décembre. Le choix du mode de détection pèse donc plus que la taille du panneau.
Les 1,85 W de la fiche sont la puissance « typique » de la caméra en 4G ; la fiche ne dit pas à quelle activité elle correspond. Les totaux du graphique sont des multiplications simples, pas des mesures de Hikvision.
Le panneau et le soleil : les heures de plein soleil
La puissance d'un panneau (10 W) est celle qu'il donne sous un éclairement de référence, pas celle d'une journée ordinaire. Pour savoir ce qu'il apporte, on utilise les « heures de plein soleil » : l'énergie solaire reçue en un jour sur le panneau, exprimée en kWh/m², équivaut à autant d'heures passées sous cet éclairement de référence. Un jour de 4,8 heures de plein soleil et un panneau de 10 W donnent 10 × 4,8 = 48 Wh, avant les pertes.
Pour le Maroc, le service PVGIS du Centre commun de recherche de l'Union européenne donne des moyennes mensuelles sur 2005-2023. Avec ses pertes par défaut (14 %), un panneau de 10 W donne en pratique environ 41 Wh par jour en décembre à Casablanca et 59 Wh en juin. Ce sont des moyennes : un jour couvert est bien en dessous, et c'est l'hiver qui dimensionne l'installation.
L'orientation compte autant que la taille. Dans l'hémisphère nord, le panneau se place plein sud. Le même panneau incliné à 30° mais tourné vers le nord ne reçoit en décembre à Casablanca que 0,86 heure de plein soleil, contre 4,8 plein sud. Pour l'inclinaison, PVGIS indique 32° à Casablanca et 33° à Fès comme angle fixe donnant le plus d'énergie sur l'année ; un angle plus fort, 55°, avantage l'hiver (5,5 heures en décembre à Casablanca) au détriment de l'été (5,3 heures en juin).

Le panneau doit voir le ciel du sud sans ombre du matin au soir : un mur, un arbre ou un échafaudage voisin suffisent à le priver d'une partie de ses heures. Un mât dégagé, comme sur la photo, est un bon emplacement ; le haut d'un mur orienté au nord ne l'est pas. Comme le panneau de la DS-2DE2C400IWG-K/4G/C05S10 est séparé de la caméra, on peut les orienter séparément : la caméra vers la zone à surveiller, le panneau vers le sud.
La batterie : capacité, jours d'autonomie et température
La capacité se lit en watts-heures (Wh) ou en milliampères-heures (mAh) à une tension donnée. La DS-2DE2C400IWG-K/4G/C05S10 l'indique directement : 50,76 Wh, et la fiche précise qu'elle tient 27 heures à 1,85 W sans aucun apport du panneau (50,76 ÷ 1,85 = 27,4 h). Les DS-2CFSP indiquent 9 000 mAh ; pour la DS-2CFSP4/4G, la fiche donne 3,7 V, soit environ 33 Wh en multipliant (9 Ah × 3,7 V). La fiche de la DS-2CFSP8-D/4G ne donne pas la tension nominale : on n'en déduit pas de Wh.
| Modèle (fiche Hikvision) | Panneau | Batterie | Recharge | Décharge |
|---|---|---|---|---|
| DS-2CFSP8-D/4G | 8 W | 9 000 mAh | 0 à 45 °C | −20 à 50 °C |
| DS-2CFSP4/4G | 8 W | 9 000 mAh (3,7 V) | 0 à 45 °C | −20 à 55 °C |
| DS-2DE2C400IWG-K/4G/C05S10 | 10 W | 50,76 Wh | 0 à 45 °C | −20 à 55 °C |
La température compte autant que la capacité. Les trois fiches limitent la recharge de la batterie à la plage de 0 à 45 °C, alors que la décharge est permise jusqu'à −20 °C. Autrement dit, une caméra peut continuer à travailler par un matin glacial mais ne recharge pas tant que sa batterie est sous 0 °C ; et la fiche de la DS-2CFSP4/4G donne 0 à 50 °C comme plage de fonctionnement, contre −20 à 50 °C pour la DS-2CFSP8-D/4G. Dans les régions froides de l'intérieur, ces valeurs sont à regarder avant l'achat.
Pour les jours sans soleil, Hikvision cite, pour un autre kit (DS-2XS6A25G0-I/CH20S40, panneau de 40 W et batterie de 20 Ah), jusqu'à sept jours en mode faible consommation avec une batterie pleine par temps de pluie ou nuageux. C'est une valeur de ce modèle, pas celle des modèles du catalogue. Pour comparer des batteries au plomb et au lithium, voir l'article sur les batteries.
Dimensionner en cinq étapes
Exemple avec la caméra de la fiche DS-2DE2C400IWG-K/4G/C05S10 et quatre heures d'activité par jour. Besoin : 9 Wh. Soleil de décembre à Casablanca, 4,8 heures plein sud à 30°. Panneau minimal, en gardant les 14 % de pertes de PVGIS (facteur 0,86) : 9 ÷ (4,8 × 0,86) = 2,2 W ; le panneau de 10 W fournit donc 4,6 fois le besoin, une marge pour les jours couverts. Avec une caméra qui reste en 4G toute la journée (44,4 Wh), il faudrait 44,4 ÷ (4,8 × 0,86) = 10,8 W : plus que le panneau du kit. Batterie : pour trois jours sans soleil, 9 × 3 = 27 Wh, ce que couvre la batterie de 50,76 Wh, en négligeant les pertes.
Poussière, oiseaux et entretien

Un panneau sale produit moins, et un petit panneau d'un mât isolé ne se nettoie pas tout seul. Poussière, sable, fientes d'oiseaux ou feuilles réduisent la lumière reçue ; une zone couverte peut peser plus que sa surface. Aucune des fiches ni des guides Hikvision lus ne donne de consigne de nettoyage ou de fréquence. En pratique : vérifier la surface lors de chaque passage, la nettoyer à l'eau avec un chiffon doux quand elle est sale, sans produit abrasif, et couper l'accès des oiseaux au-dessus du panneau.
Les caméras sont classées IP66 (fiches) ; ce classement concerne la poussière et l'eau, voir l'article sur les indices IP et IK. Il ne dit rien du dépôt qui se forme sur le panneau.
Solaire ou câblé : où est le bon choix
Le solaire convient à un site sans électricité : ferme, chantier, entrée de parking isolée, terrain. Hikvision cite pour la DS-2CFSP4/4G la surveillance à courte distance de routes, parcs, domaines, fermes, plantations et chantiers. Un chantier de lotissement en Nouvelle-Zélande est équipé de ce type de caméras ; la vue ci-dessous montre quatre caméras en mosaïque, chacune avec son niveau de batterie incrusté.

Un câble est préférable quand le courant ou le réseau est proche, quand il faut un enregistrement continu, ou quand le site est mal exposé (ombre, nord). Pour un chantier qui bouge, Hikvision propose aussi des tours solaires mobiles, avec plusieurs panneaux et une armoire pour le NVR, le switch et la batterie.

Le signal 4G se vérifie avant tout. Les fiches annoncent pour la version UE les bandes B1, B3, B5, B7, B8, B20 et B28, avec un débit montant de 5,1 Mbit/s au plus (Cat 1) : le flux d'une caméra 4 MP ou 8 MP ne passe pas toujours en continu. Voir l'article sur la caméra 4G à carte SIM pour la mesure et le forfait.
Liste de contrôle avant d'acheter
- Le site n'a vraiment ni courant ni réseau à portée raisonnable.
- Le signal 4G est mesuré sur place, à la hauteur de la caméra, sur les bandes de la fiche.
- Un emplacement plein sud, sans ombre, existe pour le panneau.
- Les heures d'activité par jour sont estimées, puis multipliées par la puissance de la fiche : le besoin en Wh est écrit.
- L'apport du panneau en décembre couvre ce besoin avec une marge ; la batterie couvre plusieurs jours sans soleil.
- Les plages de température de la fiche (recharge de 0 à 45 °C) conviennent au climat du site.
- Le nettoyage du panneau a un responsable et une date.
Caméras solaires 4G du catalogue
Prix et disponibilité à jour dans la page de chaque produit.
Les erreurs fréquentes
- Choisir selon la puissance du panneau seule : sans la consommation en Wh, ce chiffre ne dit rien.
- Calculer avec le soleil de l'été : c'est l'hiver et les jours couverts qui décident.
- Orienter le panneau comme la caméra, vers la zone à surveiller, au lieu de le tourner vers le sud.
- Laisser la caméra en activité continue alors que la détection par événements suffirait.
- Oublier que la batterie ne se recharge pas sous 0 °C ni au-dessus de 45 °C.
- Ne mesurer le signal 4G qu'une fois la caméra fixée en haut du mât.
- Ne jamais nettoyer le panneau, ou laisser un arbre grandir devant lui.
Pour aller plus loin
- Guide d'achat : caméras Wi-Fi et caméras sans fil, quand les choisir
- Choisir une caméra de surveillance : résolution, objectif et vision de nuit
- Caméra 4G à carte SIM : surveiller sans internet fixe
- Batteries plomb ou lithium en sécurité électronique
- Onduleur solaire : réseau, autonome ou hybride
- Vision de nuit : infrarouge, lumière blanche et couleur
- Indices IP67 et IK10 : eau, poussière et chocs
- Alimentation 12 V et chute de tension dans le câble
- Solution : fermes et sites isolés
- Solution : chantiers et BTP
- Caméras Wi-Fi et sans fil du catalogue
Questions fréquentes
Une caméra solaire enregistre-t-elle 24 h/24 ?
Les fiches des DS-2CFSP8-D/4G et DS-2CFSP4/4G annoncent le mode AOV, enregistrement 24 h/24, mais ne donnent pas la consommation dans ce mode : à vérifier sur site. La DS-2DE2C400IWG-K/4G/C05S10 enregistre sur détection PIR et radar.
Que se passe-t-il après plusieurs jours sans soleil ?
La batterie fournit seule : 27 heures à 1,85 W pour la DS-2DE2C400IWG-K/4G/C05S10 (fiche), davantage si la caméra dort. Quand elle est vide, la caméra s'éteint jusqu'au retour du soleil.
Comment orienter et incliner le panneau au Maroc ?
Plein sud, sans ombre. PVGIS donne 32° à Casablanca et 33° à Fès pour l'angle fixe donnant le plus d'énergie sur l'année ; un angle plus fort favorise l'hiver.
La caméra se recharge-t-elle quand il gèle ?
Pas selon les fiches : la recharge n'est permise que de 0 à 45 °C, alors que la caméra peut continuer à travailler jusqu'à −20 °C.
Peut-on ajouter un panneau plus grand ?
La fiche de la DS-2DE2C400IWG-K/4G/C05S10 mentionne un connecteur pour panneau supplémentaire, sans préciser la puissance admise. Demandez le modèle compatible avant d'acheter.
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Sources
- Fiches techniques Hikvision : DS-2CFSP8-D/4G, DS-2CFSP4/4G, DS-2DE2C400IWG-K/4G/C05S10
- PVGIS (Centre commun de recherche de l'Union européenne) : irradiation mensuelle, bases SARAH3 et ERA5, 2005-2023
- Hikvision : « How to Use Hikvision's Solar Camera and Add it to Hik-Connect » (v1.0, 2021) et guide « EXIR Fixed Bullet Solar Power 4G Network Camera Kit » (DS-2XS6A25G0-I/CH20S40, 2021)
Mis à jour le 4 novembre 2026. Rédaction : MA SECURITE.