Réseau et Wi-Fi · 10 min de lecture
En bref
- Le routeur relie votre réseau local à internet et donne une adresse à chaque appareil.
- Le switch ajoute des prises : il relie les appareils câblés d'un même réseau, sans ouvrir l'accès à internet.
- Le point d'accès transforme le câble en Wi-Fi : il se branche sur un switch ou sur un port LAN du routeur, jamais sur le port WAN.
- Un routeur Wi-Fi réunit les trois fonctions dans un boîtier ; pour des caméras, un grand local ou plusieurs étages, on les sépare.
- Un seul appareil doit donner les adresses : le routeur. Un second routeur ajouté pour le Wi-Fi se règle en mode point d'accès.
Trois fonctions, pas forcément trois boîtiers
Un petit bureau demande presque toujours la même chose : internet, des ordinateurs et une imprimante reliés par câble, des téléphones en Wi-Fi, et parfois un enregistreur avec ses caméras. Trois fonctions suffisent : le routeur, le switch et le point d'accès. Elles tiennent parfois dans trois boîtiers, parfois dans un seul.
Le schéma montre le cas le plus courant, de haut en bas : internet arrive au routeur, le routeur est relié au switch, et le point d'accès se branche sur le switch pour diffuser le Wi-Fi. C'est aussi l'ordre dans lequel on branche les câbles. Le second schéma résume ce que fait chaque appareil, et ce qu'il ne fait pas.
Le routeur : la porte vers internet
Le routeur relie deux réseaux différents : votre réseau local, ou LAN (Local Area Network), et internet. Il a donc un port WAN (Wide Area Network), où arrive le câble de la box ou du modem, et des ports LAN pour votre côté. La fiche du RG-EG105G V3 de Ruijie, par exemple, annonce 5 ports Gigabit, dont un port WAN fixe et trois ports LAN fixes.
Trois tâches reviennent dans presque tous les routeurs :
- Donner une adresse à chaque appareil. Le serveur DHCP du routeur attribue automatiquement une adresse IP à tout appareil qui se branche. Ces adresses sont dites privées, comme 192.168.1.20, et réservées aux réseaux locaux : elles ne circulent pas sur internet (IETF, RFC 1918 et RFC 2131).
- Partager une seule adresse publique. Comme les adresses privées n'existent pas sur internet, le routeur les remplace par l'adresse publique de la ligne et note qui a demandé quoi, pour renvoyer chaque réponse au bon appareil. C'est le NAT, la traduction d'adresses (RFC 3022).
- Offrir les fonctions de passerelle. Selon le modèle : VPN, blocage d'applications, redirection de ports, répartition du trafic entre deux accès internet. Le RG-EG105G V3 annonce par exemple des VPN IPsec, OpenVPN, PPTP et L2TP, et l'équilibrage de charge sur deux accès.
Un routeur a aussi une capacité : Ruijie recommande jusqu'à 100 appareils simultanés pour le RG-EG105G V3. La box de l'opérateur est elle-même un routeur, en général avec du Wi-Fi et quelques ports LAN, ce qui explique le piège du second routeur décrit plus bas.
Le switch : multiplier les prises
Le switch relie entre eux les appareils d'un même réseau : ordinateurs, imprimante, enregistreur, caméras, points d'accès. Chaque appareil a une adresse matérielle unique, l'adresse MAC. Le switch retient derrière quel port se trouve chaque adresse, puis envoie chaque message au seul port concerné. Si le destinataire est encore inconnu, il envoie le message sur tous les autres ports jusqu'à ce que le destinataire réponde, puis il retient sa place.
Ce qu'il ne fait pas compte autant. Il ne distribue pas d'adresses, c'est le rôle du DHCP du routeur, et il ne choisit pas la route vers internet. Brancher un switch sur la box ajoute des prises, pas de débit : la vitesse vers internet reste celle de la ligne.
Sur une fiche technique, trois points décident du choix :
- Les ports : leur nombre, de 5 à 24 sur la plupart des modèles du catalogue, et leur vitesse, Fast Ethernet ou Gigabit (voir l'article sur Gigabit et Fast Ethernet).
- Le PoE : un switch PoE alimente caméras et points d'accès par le câble réseau, dans la limite de son budget PoE (voir l'article sur le PoE).
- La gestion : un switch non administrable se branche et fonctionne ; un switch « smart » ou administrable ajoute des réglages, comme les VLAN. Le RG-ES205GC de Ruijie est ainsi un switch Gigabit de 5 ports, de couche 2, géré depuis Ruijie Cloud.
Le point d'accès : le Wi-Fi au bout d'un câble
Le point d'accès, ou AP (Access Point), fait le lien entre le Wi-Fi et le câble. Les téléphones et les portables lui parlent par radio, selon la famille de normes IEEE 802.11 ; lui parle au réseau par un câble Ethernet, selon IEEE 802.3. Il se branche sur un port du switch ou sur un port LAN du routeur.
Il prolonge le réseau existant : elle ne partage pas internet et ne distribue pas d'adresses. Un routeur Wi-Fi que l'on passe en mode « point d'accès » le montre bien. Chez TP-Link, son port WAN ne sert plus et ses fonctions de passerelle (contrôle parental, qualité de service, redirection de ports, VPN) sont coupées. Chez Cudy, il reçoit son adresse du routeur principal.
Un seul appareil doit distribuer les adresses sur le réseau : le routeur. Si vous ajoutez un second routeur Wi-Fi pour couvrir un étage, réglez-le en mode point d'accès avant de le brancher, ou désactivez son serveur DHCP si le modèle n'a pas ce mode, comme l'indique TP-Link.
Beaucoup de points d'accès se fixent au plafond et s'alimentent par le câble réseau. Le RG-RAP2260(G) de Ruijie est un point d'accès Wi-Fi 6 à deux ports Gigabit, alimenté en PoE ou PoE+, ou par un adaptateur 12 V. Sa consommation maximale annoncée est de 15,5 W, au-dessus des 12,95 W qu'un port 802.3af garantit à l'appareil : la page Ruijie de la série RG-RAP2260 recommande d'ailleurs un switch PoE+ (802.3at). Il se gère depuis l'application Ruijie Cloud, comme le routeur et le switch Ruijie cités plus haut.
Le trajet d'une page web
Dans le réseau du premier schéma, voici ce qui se passe quand un téléphone ouvre une page web.
Le trajet est plus court quand le téléphone parle à un appareil du même réseau, une imprimante par exemple : le message s'arrête au switch, qui l'envoie à l'imprimante, et ne va pas jusqu'au routeur. C'est la différence de fond entre les deux appareils : le switch fait circuler les messages à l'intérieur du réseau, le routeur les fait sortir.
Un seul boîtier ou trois ?
Un routeur Wi-Fi réunit les trois fonctions. TP-Link le décrit comme un point d'accès Wi-Fi et un routeur câblé dans le même appareil. Le WR1500 de Cudy en est un exemple : 4 ports Gigabit RJ45, dont un WAN, un Wi-Fi 6 annoncé à 1201 Mbit/s en 5 GHz et 300 Mbit/s en 2,4 GHz, et des modes routeur, point d'accès, répéteur, WISP et client. Ses trois ports LAN jouent le rôle d'un petit switch.
Séparer les trois fonctions devient utile quand les besoins dépassent ce boîtier. Le tableau résume les cas courants.
| Situation | Matériel | Pourquoi |
|---|---|---|
| Petit bureau ou domicile, un seul niveau, peu d'appareils | La box ou un routeur Wi-Fi seul | Les trois fonctions tiennent dans un boîtier, avec peu de câbles. |
| Bureau avec postes fixes, imprimante, serveur | Routeur + switch Gigabit | Un routeur n'a que quelques ports LAN : trois sur le WR1500. |
| Commerce ou bureau avec caméras IP et enregistreur | Routeur + switch PoE | Le PoE alimente caméras et points d'accès dans le même câble que les données. |
| Grand local, plusieurs étages, nombreux appareils | Routeur + switch PoE + plusieurs points d'accès | Chaque point d'accès a son câble : le Wi-Fi est mieux réparti qu'avec un seul routeur. |
Séparer permet aussi de changer une pièce sans toucher aux autres : remplacer un point d'accès sans changer le routeur, ou ajouter un switch quand les prises manquent. Chez Ruijie, le routeur RG-EG105G V3, le switch RG-ES205GC et le point d'accès RG-RAP2260(G) se gèrent tous depuis Ruijie Cloud. Si l'on ne peut pas tirer de câble jusqu'aux points d'accès, voir l'article sur le Wi-Fi Mesh.
Lire les ports sur une fiche technique
Les fiches techniques emploient quelques mots qui disent à quoi sert chaque port. Les connaître évite de brancher un câble au mauvais endroit.
Un routeur n'a que quelques ports et un seul WAN fixe : le WR1500 en a quatre, dont un WAN. Un switch n'a pas de port WAN : tous ses ports sont du côté du réseau local, y compris le port uplink qui le relie au routeur.
Exemples du catalogue : routeur, switchs et points d'accès
Prix et disponibilité à jour dans la page de chaque produit.
Les erreurs fréquentes
- Brancher le point d'accès sur le port WAN du routeur : ce port est réservé à internet. Utilisez un port LAN ou un port du switch.
- Ajouter un second routeur derrière la box en le laissant en mode routeur : les adresses sont traduites deux fois (double NAT), ce qui crée des problèmes de réseau, notamment pour l'accès à distance. Netgear conseille de retirer le premier routeur, de le passer en mode pont (bridge) ou de mettre le second en mode point d'accès.
- Croire qu'un switch remplace le routeur ou augmente le débit internet : il ajoute des prises, rien de plus.
- Acheter un switch sans PoE pour des caméras ou des points d'accès, ou sans vérifier son budget PoE.
- Relier par un câble deux prises du même réseau : cela crée une boucle qui peut bloquer tout le réseau. Certains switchs, comme le RG-ES205GC de Ruijie, ont une protection contre les boucles.
- Laisser deux appareils distribuer des adresses sur le même réseau : le DHCP doit rester sur le routeur.
- Compter sur un seul routeur Wi-Fi pour couvrir un grand local ou plusieurs étages, au lieu de points d'accès reliés par câble.
Pour aller plus loin
- Guide d'achat : Wi-Fi professionnel, points d'accès et couverture
- Guide d'achat : choisir un switch PoE
- Le PoE : alimenter un appareil par le câble réseau
- Switch Gigabit ou Fast Ethernet : quelle différence ?
- Le Wi-Fi Mesh : couvrir une grande surface
- Solution Réseau, Wi-Fi et téléphonie IP
- Voir le réseau et le Wi-Fi
Questions fréquentes
Le switch peut-il remplacer le routeur ?
Non. Le switch relie les appareils d'un réseau, mais il ne donne pas les adresses et ne fait pas sortir vers internet. Il faut un routeur, ou la box de l'opérateur, pour cela.
Puis-je brancher un point d'accès directement sur la box ?
Oui, sur un port LAN de la box, jamais sur son port WAN. Si la box manque de ports, passez par un switch ; si le point d'accès est alimenté en PoE, ce switch doit être PoE.
Un routeur Wi-Fi peut-il servir de point d'accès ?
Souvent oui. Les fiches de Cudy (WR1500, WR3000) listent un mode point d'accès : le routeur se branche alors par câble sur le routeur principal et en reçoit son adresse. Ses fonctions de routage (VPN, NAT, contrôle parental) ne servent plus.
Faut-il un switch si mon routeur a déjà des ports LAN ?
Seulement quand les ports LAN manquent ou quand des caméras ou des points d'accès doivent être alimentés en PoE. Le WR1500 de Cudy n'a que trois ports LAN.
Quelle différence entre un point d'accès et un répéteur ?
Le point d'accès reçoit le réseau par un câble. Le répéteur le reçoit par Wi-Fi et le renvoie plus loin, ce qui lui fait perdre une partie du débit. Voir l'article sur le Wi-Fi Mesh.
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Sources
- IEEE Std 802.3-2022 (Ethernet), IEEE 802.11 (réseaux locaux sans fil) et IEEE Std 802.1Q-2022 (ponts et réseaux à ponts)
- IETF : RFC 1918 (adresses privées), RFC 2131 (DHCP) et RFC 3022 (traduction d'adresses, NAT)
- Documentation des fabricants : Ruijie Reyee (RG-EG105G V3, RG-ES205GC, RG-RAP2260(G)), Cudy (WR1500, WR3000, mode point d'accès), TP-Link (routeur et mode point d'accès), Netgear (double NAT)
- Cisco : note technique « Unicast Flooding in Switched Campus Networks » (table d'adresses MAC d'un switch)
Mis à jour le 3 novembre 2026. Rédaction : MA SECURITE.